À l’aube de 2026, l’intelligence artificielle (IA) s’impose désormais comme un acteur incontournable dans de nombreux secteurs d’activité et dans notre quotidien. Pourtant, malgré son potentiel à transformer positivement la société, une particularité notable émerge : les femmes manifestent une appréhension plus marquée envers cette technologie que leurs homologues masculins. Cette prudence suscite des interrogations, d’autant plus que cette méfiance ne résulte pas d’une simple peur irrationnelle mais s’appuie sur des réalités tangibles liées à leur position sociale, économique et professionnelle. Comprendre ces appréhensions est essentiel, car elles révèlent non seulement des enjeux liés au genre dans le domaine technologique, mais aussi des défis cruciaux à relever pour garantir une inclusion équilibrée et une égalité réelle dans l’accès aux bénéfices de l’IA.
Alors que l’IA transforme les méthodes de travail, automatise des tâches et offre des perspectives innovantes en matière de santé, d’éducation ou de services, le questionnement féminin autour des risques et des bénéfices prend une dimension toute particulière. Il s’agit moins d’un rejet de la nouveauté que d’une demande légitime de garanties, notamment en termes de sécurité de l’emploi et de lutte contre les biais de genre et la discrimination. Ce phénomène, étudié de manière approfondie par des chercheurs nord-américains en 2026, apporte un éclairage indispensable sur la perception différenciée de cette technologie selon le genre, avec des conséquences concrètes pour les politiques publiques, les pratiques de recrutement et le développement technologique.
- 1 Les racines des appréhensions féminines face à l’intelligence artificielle dans le contexte professionnel
- 2 Comment la tolérance au risque influence les perceptions différenciées de l’IA entre femmes et hommes
- 3 L’importance des biais de genre dans les technologies d’intelligence artificielle
- 4 Le rôle de l’inclusion et de l’éducation technologique pour un meilleur équilibre dans la perception de l’IA
- 5 La question de la sécurité de l’emploi au centre des préoccupations féminines face à l’intelligence artificielle
- 6 Des représentations culturelles et sociales influençant la perception de l’IA par les femmes
- 7 Mesures et recommandations pour réconcilier femmes et intelligence artificielle
- 7.1 Pourquoi les femmes perçoivent-elles plus de risques dans l’intelligence artificielle que les hommes ?
- 7.2 Comment les biais de genre impactent-ils le développement de l’IA ?
- 7.3 Quelles mesures pour améliorer l’inclusion des femmes dans le secteur de l’IA ?
- 7.4 L’intelligence artificielle menace-t-elle vraiment la sécurité de l’emploi des femmes ?
- 7.5 Comment encourager davantage de femmes à s’impliquer dans les technologies de l’IA ?
Les racines des appréhensions féminines face à l’intelligence artificielle dans le contexte professionnel
L’une des clés pour comprendre pourquoi les femmes sont souvent plus inquiètes face à l’intelligence artificielle réside dans leur place spécifique sur le marché du travail. Le monde professionnel, en mutation rapide sous l’effet de la technologie, ne réunit pas tous les employés dans une situation égale vis-à-vis des risques d’automatisation.
Les femmes sont majoritairement employées dans des secteurs tels que l’administration, les services à la personne, la gestion ou encore dans les professions de bureau, qui comptent parmi les plus vulnérables à l’automatisation par l’IA. Les assistants administratifs, les opératrices de saisie ou les agents de ressources humaines voient leurs tâches routinières progressivement remplacées par des algorithmes capables d’exécuter des traitements massifs rapidement et à moindre coût. Cette réalité accroît naturellement la perception d’un risque professionnel accru chez les femmes.
En parallèle, elles restent sous-représentées dans les filières traditionnelles des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), qui sont à la pointe du développement de l’IA. Cette faible représentation limite d’autant leur accès aux emplois qualifiés, hautement recherchés et souvent mieux rémunérés issus de ces disciplines. Le résultat de ce double phénomène est une exposition plus forte et un moindre contrôle sur les évolutions technologiques qui redéfinissent l’emploi.
L’impact de cette situation est amplifié chez les femmes moins diplômées. Une étude menée par l’université Northeastern en 2026 révèle que, toutes catégories confondues, un niveau d’éducation plus bas s’accompagne d’une perception beaucoup plus négative des bénéfices de l’IA. Pourtant, même à niveau d’étude comparable, les femmes restent plus méfiantes que les hommes, ce qui suggère que l’appréhension est aussi liée à des facteurs socioculturels. Ce déséquilibre sur le plan éducatif et professionnel cristallise donc des craintes fondées sur un véritable enjeu d’emploi et de sécurité économique.

Comment la tolérance au risque influence les perceptions différenciées de l’IA entre femmes et hommes
Au-delà de l’exposition professionnelle, une autre dimension clé expliquant les appréhensions des femmes face à l’IA est leur tolérance au risque. Les chercheurs en sciences sociales qui se sont intéressés aux écarts de perception entre hommes et femmes ont mis en lumière un trait comportemental notable : les femmes adoptent généralement une approche plus prudente face aux incertitudes et aux conséquences potentielles.
Pour évaluer ce phénomène, une expérience simple a été proposée : choisir entre recevoir une somme garantie ou tenter sa chance avec une probabilité de gain plus élevée mais incertaine. Résultat, les femmes optent plus fréquemment pour la sécurité financière que pour la prise de risque. Cette tendance reflète une orientation plus forte vers la préservation de la stabilité et une aversion accrue à l’ambiguïté.
Dans le cadre de l’IA, ce trait de caractère se traduit par un scepticisme relatif envers les technologies qui, par définition, impliquent une part d’imprévisibilité, notamment dans leurs effets à long terme sur l’emploi et les relations de travail. Ce phénomène n’est pas synonyme de refus catégorique de l’innovation, mais plutôt d’une demande accrue de clarté et de garanties concrètes.
Il est frappant de constater que lorsque la tolérance au risque est comparable entre individus, la différence de perception de l’IA entre hommes et femmes diminue voir disparaît. Cela met en avant que l’appréhension féminine est aussi liée à un profil psychologique où la prudence assure un rôle protecteur face aux transformations technologiques.
On mesure ainsi l’importance d’adopter une approche nuancée qui prenne en compte ces aspects comportementaux pour mieux accompagner toutes les catégories sociales dans l’appropriation de l’IA. Sans quoi, les inégalités se creusent, tant dans l’usage que dans la confiance portée à cette technologie disruptive.
Tableau : Évaluation de la tolérance au risque et perception des risques liés à l’IA selon le genre
| Critère | Femmes | Hommes |
|---|---|---|
| Préférence pour option sûre (exemple financier) | 68 % | 48 % |
| Évaluation moyenne des risques liés à l’IA (échelle 1 à 10) | 4,87 | 4,38 |
| Exposition professionnelle à l’automatisation | Plus élevée | Moins élevée |
| Participation dans les secteurs STIM | Faible | Élevée |
L’importance des biais de genre dans les technologies d’intelligence artificielle
Les craintes féminines vis-à-vis de l’IA s’expliquent aussi par la persistance de biais de genre dans la conception même de ces technologies. En effet, les algorithmes et systèmes d’intelligence artificielle sont conçus par des équipes majoritairement masculines, ce qui se traduit par des modèles souvent biaisés, reproduisant voire accentuant les discriminations existantes.
Ces biais peuvent se manifester dans différentes sphères. Par exemple, les assistants vocaux continuent d’avoir une voix féminine par défaut, associée à une position servile, véhiculant des stéréotypes dépassés. Dans des domaines plus critiques, comme le recrutement ou la gestion des ressources humaines, les systèmes de décision automatisés peuvent défavoriser les candidates et renforcer les écarts salariaux.
Cette problématique de biais est d’autant plus sensible quand les algorithmes sont déployés sans transparence ni contrôle étroit, accentuant un sentiment d’injustice et d’exclusion chez les femmes. L’UNESCO a d’ailleurs pris position en promouvant la nécessité d’une éthique inclusive dans le développement de l’IA, afin de garantir le respect de l’égalité et la lutte contre la discrimination.
L’enjeu est donc double : d’une part, assurer une plus grande diversité dans les équipes de développement pour concevoir des systèmes plus justes, et d’autre part, renforcer les mécanismes de contrôle et de régulation pour corriger les biais intrinsèques à ces technologies.
Le rôle de l’inclusion et de l’éducation technologique pour un meilleur équilibre dans la perception de l’IA
Pour réduire les appréhensions chez les femmes, il est crucial de favoriser une plus grande inclusion dans les domaines technologiques. Cela passe notamment par une promotion accrue des études et carrières en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), où leur sous-représentation est encore flagrante.
Des initiatives éducatives dès le plus jeune âge jouent un rôle fondamental. Elles permettent de déconstruire les stéréotypes liés au genre, d’encourager l’intérêt pour la technologie et de développer des compétences adaptées aux métiers du futur. Plusieurs pays ont expérimenté des programmes ciblant spécifiquement les filles, avec des résultats encourageants sur l’orientation professionnelle et la confiance en soi.
Au-delà de l’éducation, les entreprises ont également un rôle majeur à jouer. Elles peuvent faciliter l’accès des femmes aux postes technologiques et soutenir leur montée en responsabilité en adoptant des politiques inclusives, offrant des formations adaptées et assurant une représentation équilibrée dans les projets d’IA. Cette stratégie engendre non seulement une meilleure équité salariale mais aussi une amélioration de la qualité des produits et services.
En favorisant une participation plus large des femmes dans le secteur technologique, on contribue à réduire les biais de genre et à concevoir des solutions d’intelligence artificielle plus éthiques et mieux adaptées à l’ensemble de la société. Ainsi, l’inclusion est une voie clé pour transformer l’IA en une technologie qui bénéficie à tous, sans discrimination.
Liste des leviers pour améliorer l’inclusion des femmes dans le domaine de l’IA :
- Campagnes de sensibilisation dès le primaire pour encourager les vocations technologiques chez les filles
- Mentorat et réseaux professionnels dédiés aux femmes dans la tech
- Programmes de formation continue et montée en compétences sur les technologies émergentes
- Politiques d’embauche favorisant la parité et la diversité dans les équipes IA
- Développement d’outils d’alerte et de correction des biais algorithmiques liés au genre

La question de la sécurité de l’emploi au centre des préoccupations féminines face à l’intelligence artificielle
La peur de perdre son emploi ou de voir son rôle dévalorisé est un moteur puissant dans la méfiance exprimée par de nombreuses femmes à l’égard de l’intelligence artificielle. Alors que cette technologie est souvent associée à la promesse d’une efficacité accrue, elle est également porteuse d’incertitudes pour l’avenir professionnel.
Le secteur administratif et de service, où elles sont majoritairement présentes, est particulièrement affecté par les projets d’automatisation. Les transformations induites peuvent aboutir à des suppressions de postes ou à des évolutions de compétences nécessaires, qui ne sont pas toujours accessibles à toutes. Cette situation alimente une inquiétude concrète qui se reflète dans leurs réponses à des enquêtes comme celle menée par Beatrice Magistro et ses collègues.
Pour remédier à ces craintes, les politiques publiques et les entreprises se doivent d’agir afin d’offrir des garanties solides. Parmi elles, l’accent doit être mis sur :
- La reconversion professionnelle facilitée par des formations adaptées aux nouvelles exigences technologiques
- La transparence dans les processus d’intégration de l’IA au sein des organisations
- La mise en place de mécanismes de dialogue social pour anticiper les changements
- Le maintien de la sécurité de l’emploi avec des droits renforcés face aux risques technologiques
Des expériences montrent que là où ces mesures sont mises en œuvre, les femmes se montrent plus enclines à considérer l’intelligence artificielle comme une opportunité plutôt qu’une menace. L’absence de telles garanties, en revanche, alimente la méfiance et l’appréhension, accentuant le fossé entre les sexes.
Les appréhensions féminines sont également ancrées dans des représentations culturelles et sociales plus larges qui façonnent le rapport à la science et à la technologie. Historiquement, les femmes ont souvent été exclues des domaines scientifiques, contribuant à construire des stéréotypes qui persistent encore aujourd’hui.
Cette exclusion a créé un sentiment d’éloignement vis-à-vis des technologies considérées comme des espaces masculins. Par conséquent, l’intelligence artificielle est parfois perçue comme une sphère dominée par les hommes, éloignée des réalités et préoccupations féminines. Cette perception peut renforcer la défiance, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un manque de visibilité de modèles féminins dans le secteur.
Néanmoins, ces représentations évoluent progressivement. De plus en plus de figures féminines émergent comme leaders dans le domaine de l’IA, incarnant une réussite possible et stimulant l’intérêt des jeunes générations. Ces évolutions impactent les attitudes et ouvrent la voie à une acceptation plus large et nuancée de la technologie.
Il reste essentiel, cependant, de poursuivre les efforts pour déconstruire les stéréotypes persistants, notamment à travers l’éducation, la médiatisation et la promotion d’une égalité réelle dans les secteurs technologiques.
Mesures et recommandations pour réconcilier femmes et intelligence artificielle
Face aux inquiétudes légitimes soulevées par les femmes concernant l’intelligence artificielle, plusieurs leviers doivent être activés pour instaurer un climat de confiance et garantir une intégration bénéfique et équitable de ces technologies :
- Garantir une transparence totale dans le fonctionnement des systèmes d’IA, avec une information accessible sur leurs impacts réels et leurs limites.
- Mettre en place des cadres réglementaires stricts pour prévenir toute forme de discrimination, notamment liée au genre, dans le développement et l’application de l’IA.
- Favoriser un dialogue actif entre développeurs, entreprises, pouvoirs publics et acteurs de la société civile pour prendre en compte toutes les voix, en particulier celles des femmes.
- Stimuler la recherche inclusive en valorisant les projets intégrant la diversité et en corrigeant les biais algorithmiques.
- Développer des programmes de formation et de reconversion adaptés pour permettre à tous, et particulièrement aux femmes, d’accéder aux emplois de demain.
Ces actions conjuguées visent à transformer les appréhensions en opportunités, en mettant l’accent sur une sécurité renforcée de l’emploi, sur une égalité réelle devant les innovations technologiques, et sur une inclusion effective qui fait de l’intelligence artificielle un moteur de progrès collectif.

Pourquoi les femmes perçoivent-elles plus de risques dans l’intelligence artificielle que les hommes ?
Les femmes sont souvent plus exposées à des emplois vulnérables à l’automatisation et ont généralement une tolérance plus faible au risque, ce qui influe sur leur perception de l’IA comme une technologie potentiellement dangereuse pour leur avenir professionnel.
Comment les biais de genre impactent-ils le développement de l’IA ?
Les biais de genre dans les algorithmes proviennent d’équipes de développement souvent peu diversifiées, ce qui peut renforcer les stéréotypes et la discrimination, notamment dans le recrutement ou l’accès aux services.
Quelles mesures pour améliorer l’inclusion des femmes dans le secteur de l’IA ?
Il est essentiel de promouvoir les études STIM auprès des filles, d’instaurer des politiques d’embauche inclusives, et de développer des formations continues pour renforcer la présence féminine dans les métiers technologiques.
L’intelligence artificielle menace-t-elle vraiment la sécurité de l’emploi des femmes ?
Certaines tâches majoritairement féminines sont plus exposées à l’automatisation, ce qui suscite des inquiétudes concrètes. Des politiques adaptées et la formation continue sont nécessaires pour sécuriser les parcours professionnels.
Comment encourager davantage de femmes à s’impliquer dans les technologies de l’IA ?
La visibilité accrue de modèles féminins, la sensibilisation dès le plus jeune âge, et le soutien au sein des entreprises permettent d’encourager et de fidéliser les femmes dans ces secteurs.